Ceux qui, aux francophones de la périphérie bruxelloise réclamant contre le sort injuste qui leur est fait dans leur propre pays, répondent : « il faut devenir bilingues ; adaptez-vous ; apprenez le Néerlandais » n’apportent ainsi au problème posé qu’une solution fallacieuse et abusive. Etre bilingue ou non, c’est une affaire privée. Les belges qui le deviennent ne peuvent perdre pour autant leurs droits fondamentaux de citoyens égaux. Les institutions doivent être au service des citoyens. Ce sont elles qui seront adaptées à travers les réformes adéquates.
Il est donc indispensable de réformer ce qui a été mal fait, sur des bases passéistes et erronées, en plusieurs étapes successives, depuis 45 ans environ, c'est à dire depuis la suppression du recensement linguistique. Cela peut être réalisé de deux manières ou, mieux,par une combinaison des deux :
1) Les limites de la Région bilingue de Bruxelles sont élargies et englobent les communes de la périphérie où vit une minorité francophone significative, analogue à celle des flamands de Bruxelles (10% de la population de leur commune). Aucun citoyen flamand de la périphérie entrant dans la Région de Bruxelles avec sa commune ne perd ainsi le moindre droit. Au contraire.. !
2) Au principe de territorialité, on apporte une exception officielle, en faveur de la minorité nationale francophone, en Région flamande (la même chose est envisagée, pour la Région wallonne, en faveur de la minorité nationale néerlandophone, s’il apparaît qu’il y en a une et donc, si le besoin s’en fait sentir). En d’autres mots et indépendamment de la révision constitutionnelle nécessaire à cet effet, la Belgique et ses entités fédérées ratifient la Convention-cadre précitée que notre Etat a signée en 2001, en même temps que le Parlement votait la régionalisation de la loi communale. Ensuite, les conséquences légales et décrétales sont déduites de cette ratification et votées par les parlements respectifs.
A tous ceux qui, en Flandre, préconisent de nouvelles réformes institutionnelles, je suggère de réaliser, par priorité, celles indiquées ici pour que la Belgique fédérale devienne vraiment un Etat conforme aux normes démocratiques européennes modernes (discriminations zéro).